Mercredi 13 Fevrier 2008
Violent girl : la suite et fin.
Donc, ma 1ère expérience solitaire fut à Manchester en Angleterre lors d'un voyage avec ma classe. Comme mes camarades ne m'appréciaient pas trop ils ont dû me semer ou un truc du genre dans ce style là ! En + c'était interdit de traîner seul mais moi je m'en fichais il fallait juste que je retourne au lieu de rencontre à Chinatown (oui, comme à New York mais en + petit !) avant 18h. C'était chouette d'être libre car à Manchester vous avez de supers boutiques qui vendent des piercings ou des supers posters des meilleurs groupes anglais (je regrette encore et toujours de n'avoir pris qu'un seul poster de Placebo !). Je me suis promenée, je me suis perdue, j'ai demandé mon chemin, et je suis arrivée à l'heure ! Ni vue, ni connue ! Et j'avais vraiment fait ce que je voulais faire, c'était ça le plus important finalement. Sans mes ptits camarades de classe, j'étais libre comme l'air. Ma ptite promenade à Manchester c'était en Avril 2005 et je me rappelle que c'était à mon retour d'Angleterre que je m'étais sentie guérie de la dépression.
Je me sentais plus forte même si malgré tout je n'étais qu'encore une ado un peu fragile. Il me fallait devenir encore plus forte, mais ça je ne l'avais pas remarqué, pour moi, l'impératif était d'avoir des copines dans ma classe de 1ère dans mon nouveau lycée.
Oui, il m'avait été facile à cette époque d'avoir des copines, j'étais enjouée, c'était un défi pour moi de sire : "Salut, tu t'applles comment, tu viens d'où ?" On était un petit groupe de 4 filles. J'étais contente mais pas longtemps. Car je n'arrivais pas à sortir en dehors de ce groupe, elle se faisait d'autres amis en dehors de notre groupe et je n'arrivais pas à m'intégrer avec leurs autres amis. On était 4, ça ne leur suffisait donc pas ?! Ce fut mon 1er handicap, de + j'avais déjà mes restrictions anorexiques et donc les crises associées. Elles ne comprenaient pas pourquoi, je mangeais peu puis le lendemain, je mangeais plus. J'inventais des mensonges et puis après le repas j'allais sur Internet ou aux toilettes. Je parlais peu, j'étais pas la leader de ce groupe, je me sentais tout de même un peu en retrait, mais j'arrivais pas à aller vers les autres, je ne voulais plus faire d'efforts. A partir de ce moment, j'ai commencé devenir égocentrique : les bonnes notes et mon poids étaient mes soucis majeurs. Pour les bonnes notes, j'avais pour mentor en qque sorte, la meilleure élève du groupe que nous formions nous 4. De cette bonne élève, j'en suis tombée amoureuse et je commençais à réaliser que leur histoires d'amourettes adolescentes me tapaient sur le système.
En juin 2006, juste après l'épreuve anticipée de français et d'éco, ces filles m'ont laissée tomber, parce que à cause de mon manque de diplomatie j'avais dit une boulette et cassé une histoire d'amour naissante et aussi parce que j'étais tombée amoureuse d'une fille hétéro, qui apparemment avait vu des semaines à l'avance que j'étais raide dingue d'elle, qui ne cessait de parler du mec qui lui plaisait, qui faisait des remarques sur mes ongles coupés trop courts, etc....
Pendant l'été 2006, j'ai eu peur de me retrouver toute seule à la rentrée. Ce fut le cas, mais finalement ça m'a bien plu. Seule, j'étais libre et cette idée m'a enchantée. J'ai regardé les autres avec un oeil différent, j'ai découvert la philosophie, j'ai commencé à tenir ce blog, j'ai écrit, j'ai analysé qui j'étais, j'ai rejeté l'idée de la vie après la mort, d'agnostique je suis passée athée, j'ai compris que le sens de ma vie était d'atteindre mes objectifs un par un, je crois que j'ai essayé de cacher très loin dans mon esprit les reliquats des restes de mes idées suicidaires.
J'avais mûri, j'étais devenue adulte même si je n'avais que 17 ans et que je n'étais pas majeure, je me sentais plus libre car je ne croulais pas sous les paperasses administratives !
Me voilà aujourd'hui du haut de mes 18 ans et de mon statut d'étudiant avec mon propre numéro de Sécu étudiante à la con, un monceau de paiper pour mon orientation scolaire sur le bureau un autre tas pour la Sécu étudiante. Et sous prétexte que j'ai 18 ans, je suis obligée de garder toutes ces paperasses dans ma chambre car comme dit ma mère : "T'as 18 ans, à toi d'en assumer les conséquences administratives".
Sans compter, que la dirlo de mon école va même jusqu'à téléphoner à mon père pour leur demander si je vais bien parce qu'il trouve que je vais mal. Me v'là fliquée alors que je vomissais tous les midis dans les chiottes du lycée alors que j'étais même pas majeure !
18 ans, énervée, en colère, et tellement cancre que je me laisse à regarder la Star Ac' et j'ai pas ouvert un bouquin de philo depuis au moins 5 mois ! Je commence à avoir le cerveau tout rabougri, bon, peut-être moins que les poivrots de ma classe. Au moins, je suis largement plus responsable qu'eux car je ne bois pas. Je sors même pas le soir. C'est limite qu'on me reproche de pas sortir. Les jeunes de 20 ans ne savent faire que ça : boire, se donner des surnoms à la con, écouter de la techtonique et finir par vomir leur surplus d'alcool. Ils me font pitié, ces gamins. Sans compter les kébabs et les McDo.
Moi, j'aime pas l'alcool, j'aime pas la bouffe grasse et j'aime pas les conversations pour ne rien dire dans le style : "Bidule à quitté Truc, mais ni Truc, ni Bidule ne veulent se parler franchement ni même par sms !" Et ça, ça les fait jaser pendant 2 semaines surtout que Bidule est incapable de résoudre une équation du 2nde degré, ni même d'écrire 3 mots en français sans fautes, ni même de pouvoir aligner 2 mots en anglais.
Oui : je fume 5 clopes par jour et je suis solitaire. Je ne pense pas avoir les pires vices. Mais qu'en ça sort de l'ordinaire, ça choque les gens.
Mais mieux vaut être seule que mal accompagnée !
Par Sisyphe, Mercredi 13 Fevrier 2008 à 21:35 GMT+2 dans Carpe Diem




