Story of a depression
Je m'appelle Lucie et j'ai 15 ans. J'ai essayé de me tuer, le mois dernier. Le problème c'est que j'aimerais bien recommencé, mais j'ai promis à 3 personnes (ma mère, mon père et le psy), que je ne recommencerais pas. Et je ne recommencerai pas parce que c'est dur de se tuer, et je sais que je vais encore me louper, que je retournerai encore à l'hôpital et que cette fois suivante, je risquerais de rester plus longtemps.
On m'a mis sous Prozac, ça m'a fait planer 15 jours, et maintenant j'ai l'impression d'être redescendue plus bas qu'auparavant. Je suis complétement blasée de ne plus planer. Alors, je me coupe les veines. Juste assez pour que le sang arrive à la surface de ma peau et pas assez pour qu'il puisse couler.
Je viens juste de rentrer au lycée et une fille de ma classe a déjà remarqué que je passais pas mal de temps aux toilettes. Normal, je me coupe 3 fois par jour, le poignet au niveau de la montre, comme ça personne ne voit.
L'automutilation, c'est mon seul plaisir dans cette putain de dépression. La dépression ça te bouzille le cerveau, t'ôte tout plaisir, te donne une haine pas croyable envers la race humaine, t'oblige à t'isoler. Car, ce qui est sûr est que je n'ai pas d'ami. Parce que personne ne comprends mes sautes d'humeur, l'énervement dans ma voix, le fait que je ne puisse pas être comme eux. Ca, c'est dur et je n'arrive même pas à pleurer pour évacuer tout ça, seul le fait de me couper m'est un exutoire. Je n'ai pas mal quand je me coupe avec une lame de taille-crayon. Voir le sang, me plait, s'en est ainsi, un point c'est tout.
Il y a aussi un autre truc que je déteste : le fait que je mange beaucoup ou plutôt que j'ai besoin de trop manger. Un jour, je vais avoir besoin de m'envoyer des quantités de gâteaux, de chips, de chocolat. Puis, les jours suivants je vais moins manger pour ne pas prendre de poids puis de nouveau remanger trop, etc. Je crois que c'est le Prozac, qui me donne trop faim. Alirs, depuis peu je me fais vomir. Le problème c'est que je suis nulle pour me faire vomir, ça me prends des plombes et parfois presque rien ne sort. Alors, je m'entraine, tout les midis, je mange chez moi, puis reviens assez tôt au lycée pour me faire vomir. C'est dur, très dur. Je ne désespère pas car l'autre jour j'ai vomi mes céréales et mes 3 tartines de Nutella.
J'ai essayé de me faire un régime vomi pour perdre 2kg et avoir le poids que je faiais quand je suis sortie de l'hosto après mon suicide raté. Mais, j'y ai renoncé, je suis définitivemment une merde pour me faire vomir.
Vomir et me couper sont mes 2 jeux favoris, mais ce que j'aime bien également c'est découter de la musique gothique, du métal symphonique. On dit que ça va me rendre plus mal mais je m'en fous, ça me plait c'est l'essentiel, après tout.
Par Sisyphe, Lundi 29 Octobre 2007 à 21:39 GMT+2 dans Carpe Diem (article, RSS)





