L'accord parfait
Je ne veux pas non plus qu'on s'apitoie sur mon sort. Je trouve qu'ici sur ce blog, on s'apitoie déjà assez de moi. Ou bien on s'attriste pour moi. Moi, je n'aime pas qu'on ressente de la tristesse et encore moins de la pitié pour moi.
Je ne suis pas malheureuse, je suis même heureuse, j'ai même du courage à revendre.
Tant que je ne suis pas dépressive, la vie est belle. C'est ma maxime, et à force de trop suivre cet adage, j'ai pas envie de me battre contre qqchose qui pâtit légérement ma vie, et qui ne me rends pas du tout malheureuse. J'estime avoir assez déplacé des montagnes, pour m'être sortie il y a 2 ans et demi, d'une dépression qui a duré un an et demi.
Le jour où on réalise que l'on s'est sauvé de la dépression, la vie reprend un sens tellement beau, tellement vivant, concret et plein, plus aucun obstacle moral ne peut nous faire sombrer. Ce jour où j'ai réalisé que j'étais libérée de la dépression, ce fut aussi le jour où j'ai vraiment réalisé que j'étais boulimique, c'est le jour aussi où j'ai vraiment commencé mon premier vrai régime, où la boulimie pure s'est transformée en espèce d'anorexie-boulimie atypique. Ce fut à partir de ce jour que me nourrir est devenu chaotique et compliqué. C'est comme même bizarre après tout : ce qui fut pour moi le plus bau jour de ma vie, fut aussi le premier jour où ce désir de perte de poids s'installa en moi.
Ma vie avait changé et je m'étais dit : Pourquoi pas mon corps ? De plus j'avais atteint un poids qui pour moi, m'était inacceptable. Il m'a fallu 5 jours pour perdre 2kg et retrouver mon poids de forme. Et pourtant, j'ai continué à vouloir perdre, et j'ai perdu. Je suis passée par un tas de phases jusqu'à celui où je suis actuellement : le "je ne mange pas à midi".
On dit que les adolescente anorexiques et boulimiques expriment une souffrance à travers leur maladie, qu'en fait elles vont très mal dans leur tête. Et moi, je me sens bien dans ma tête ça n'a pas de sens. Aucun sens. Il y a des jours où ne pas bouffer ou criser ne me fait absolument rien, me laisse totalement indifférente. Ca ne me donne même PAS le bourdon.
C'est juste que je ne suis pas ce que je suis. Lesbienne, bi ou hétéro ? J'arrive pas à trouver la réponse. Un jour, je regarde les gars, puis le lendemain une fille, et je me dis que les filles sont 100 fois mieux que les mecs et puis le lendemain, je regarderais de nouveau les mecs, et ainsi de suite....
Cercle aussi vicieux que mes TCA. Et pourtant, je n'arrive pas à faire le lien direct entre les 2 car le jour où je regarde les mecs je peux faire aussi bien de l'anorexie que de la boulimie, et quand je regarde les filles je peux aussi faire aussi bien de l'anorexie que de la boulimie.
Il y a encore qques mois de ça, j'étais tellement persuadée d'être homo, et voilà, qu'aujourd'hui je ne sais plus du tout et je suis perdue. Ce qui m'est sur c'est que je n'ai pas de type précis pour les filles, alors que pour les mecs, un homme qui doit me plaire doit avoir son côté féminin fortement dévelloppé sinon, il n'a aucune chance de me plaire.
En fait ces hommes éffeminés me plaisent tellement que je désire leur ressembler. Pour vous donner 2 exemples célèbres, j'aimerais ressembler à Bill Kaulitz le chanteur de Tokio Hotel ou bien à Brian Molko, le chanteur de Placebo, comme il était il y a 8/10 ans. Mon désir, c'est de perdre mes hanches, mes seins en priorité, mes aussi mes bras largement trop féminins à mon goût. Au niveau des fringues, c'est pas compliqué, ça, je le fais quasiment déjà, notamment pour les chaussures skate, et le jean 2 fois trop large. J'ai même acheté des shorties et des boxers pour les laisser dépasser de mon pantalon.
En fait, depuis que je suis petite j'ai toujours voulu ressembler à un mec. A 8 ans, j'achetais mes fringues quasiment qu'au rayon garçon. A 10 ans, je disais que si j'avais pû choisir j'aurais été un mec. Parfois, quand penser à une fille m'attriste, il m'arrive de m'imaginer, qu'il y a dû avoir une couille génétique dans ma conception. Enfin, ça c'est pas possible puisque le sexe de l'enfant est déterminé par les spermatozoïdes, et donc dès le début.
Il est clair que l'androgynie me fascine. Il y a des jours où j'aimerais être hermaphrodite, pour plaire autant aux femmes qu'aux hommes. C'est peut-être finalement pour ça que je cherche à maigrir. Obtenir un corps ambigü, presque unisexe dans lequel je pourrais combiner le masculin et le féminin, obtenir un corps aussi ambigü que ce qui se passe au niveau sexuel et affectif dans ma tête. Ainsi, il y aura un accord parfait entre corps et âme, et me demander ce que je suis réellement ne sera plus un problème puisque je n'auras plus besoin de savoir ce que je suis.
Par Sisyphe, Lundi 8 Octobre 2007 à 11:25 GMT+2 dans Mes troubles du comportement alimentaire (article, RSS)






